06 septembre 2011

Quelle est la valeur ajoutée d'une adhésion palestinienne à l'ONU?

Yves Leterme et Shimon Peres © afp

Le président israélien Shimon Peres se pose des questions sur "la valeur ajoutée" pour le processus de paix au Proche-Orient de la demande d'adhésion d'un Etat palestinien à l'ONU prévue en septembre, a indiqué lundi le Premier ministre belge Yves Leterme, au lendemain d'une rencontre avec le prix Nobel de la Paix.

Il a entendu le même message de la part du chef de la diplomatie israélienne, le "faucon" Avigdor Lieberman, mais "en nettement plus fort", a-t-il indiqué à la presse.
 
M. Leterme a poursuivi lundi sa visite de deux jours en Israël et dans les Territoires palestiniens. Il devait rencontrer à Jérusalem son homologue le Premier ministre Benjamin Netanyahu ainsi que M. Lieberman, puis, à Ramallah, le président palestinien Mahmoud Abbas et le Premier ministre Salam Fayyad.

Le plus important est le processus de paix
De son entretien de dimanche avec M. Peres, 88 ans, il a indiqué lundi matin retenir que le chef de l'Etat hébreu se pose "la question "rhétorique" de l'apport de l'initiative palestinienne au processus de paix.
 
Pour M. Peres, le plus important est de raviver le processus de paix. Le président s'est dit "relativement optimiste" sur les chances d'y parvenir.
 
Faute de perspective de reprise des négociations de paix avec Israël, M. Abbas a toutefois l'intention de présenter la requête d'une adhésion pleine et entière d'un Etat palestinien à l'ONU au secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, le 20 septembre lors de l'Assemblée générale des Nations unies, malgré l'hostilité d'Israël et des Etats-Unis.
 
Le projet de résolution n'est pas encore finalisé, mais les Palestiniens pourraient demander une adhésion à part entière de leur Etat à l'ONU et la reconnaissance de la Palestine sur les lignes du 4 juin 1967, avant la Guerre des Six jours (soit la Cisjordanie, la bande de Gaza et Jérusalem-Est).
 
Alors que les Palestiniens espèrent pouvoir compter sur le soutien de 150 des 193 Etats de l'ONU, les Etats-Unis ont menacé d'y mettre leur veto au Conseil de sécurité, chargé de valider une demande d'adhésion à l'ONU. Selon M. Leterme, les Palestiniens devraient formuler une demande susceptible de rassembler "le plus large consensus possible".

Discussions autour du rapport de l'ONU
Il a également évoqué avec M. Peres le rapport de l'ONU sur le le raid meurtrier de la marine israélienne contre un ferry turc en route pour Gaza en mai 2010, le "Mavi Marmara", qui avait coûté la vie à neuf passagers turcs.
 
M. Peres a évoqué le droit à l'autodéfense, assurant que qu'Israël n'avait pas eu recours à une force "excessive et déraisonnable", contrairement à ce qu'affirme le rapport.
 
Avec M. Lieberman - un entretien à la demande du chef de la diplomatie israélienne -, la ligne était assez proche, a assuré M. Leterme, tout en reconnaissant qu'il s'était exprimé de manière "plus pointue".
 
Le Premier ministre s'est aussi plaint auprès de lui du traitement infligé par les autorités israéliennes à 41 ressortissants belges pro-palestiniens qui voulaient protester contre le "blocus" israélien imposé aux territoires palestiniens. Ils avaient directement été placés en détention après leur arrivée à l'aéroport de Tel Aviv le 8 juillet dernier, puis renvoyés en Belgique. Ils ont également écopé d'une interdiction de séjour de dix ans en Israël.
 
Une bonne partie de l'entretien de M. Leterme avec la présidente du parti centriste d'opposition Kadima, Tzipi Livni, a porté sur le mouvement de protestation sociale contre les injustices sociales, qui a rassemblé samedi soir un nombre-record de plus de 400.000 manifestants. Les revendications des manifestants ne sont pas toujours très claires, en en conclu le chef du gouvernement.

 

7sur7

08:00 Écrit par NAOME dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer

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